(texte en français ci-dessous)

Drawing a pine tree, April 14, 2022.

It’s by a lake in New Hampshire and to draw it, sometimes I sit on a piece of plastic to keep the resin from sticking to my pants, sometimes I go to a rock by the lake with the danger that the tablet escapes me and falls into the water, sometimes I stand on the path and try to stay still so as not to vary the angle of view, the tablet in one hand and the stylus in the other.

These are always difficult conditions because nature rarely cooperates with our projects. It forces me to go fast and that’s part of the appeal The pine is wild, the comfort is minimal, it seems to go together.

Sometimes and it’s the worst, mosquitoes take advantage of my immobility to attack me.

However, I come back here at regular intervals because I like the way this tree stands near a rock, its somewhat bare appearance and its Asian look lost in the mountains. Asian because it makes me think of Japanese prints.

The first time, I added color but since then, I try to have it perfectly in black and white.

Perfectly, it’s a very big word and I don’t know if I’ll get there, but it seemed to me that the color made it too easy for me to hide the imperfections of the sketch by diverting the gaze to something else. That said, it’s not sure that I’m right, it could be that it’s just two different ways of drawing, each with their own attractions, but I’m not trying to analyze it too much, here the pleasure of drawing is enough to my contentment.

Beyond the drawing, it is also an experience of immersion in nature that is played out because although I only pay attention to my subject, I feel nature around me, present, vibrant, occupied with its own business. I imagine that for a fisherman at the edge of the water, the feeling is the same. The great brotherhood of immobile loners or, if we are to believe Rousseau, solitary walkers who stop to meditate.

Except that I only do it after the fact, once the drawing is finished.

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Dessiner un pin, 14 avril 2022.

Il est au bord d’un lac dans le New Hampshire et pour le dessiner, parfois je m’assieds sur un morceau de plastique pour éviter que la résine ne colle sur mon pantalon, parfois je vais sur un rocher au bord du lac avec le danger que la tablette me m’échappe et tombe dans l’eau, parfois je reste debout sur le chemin et j’essaie de rester immobile pour ne pas faire varier l’angle de vue, la tablette dans un main et le stylet dans l’autre.

Ce sont toujours des conditions difficiles car la nature coopère rarement avec nos projets. Ça me force à aller vite et ça fait partie de l’épreuve. Le pin est sauvage, le confort est minimal, ça semble aller de pair.

Parfois et c’est le pire, les moustiques profitent de mon immobilité pour m’attaquer.

Je reviens pourtant là à intervalles réguliers car j’aime la façon dont ce sapin se dresse prés d’un rocher, son aspect un peu dénudé et son air asiatique perdu dans les montagnes. Asiatique parce qu’il me fait penser à des gravures japonaises.

La première fois, j’ai ajouté de la couleur mais depuis, j’essaie de l’avoir parfaitement en noir et blanc.

Parfaitement, c’est pourtant un bien grand mot et je ne sais pas si je vais y arriver mais il me semblait que la couleur me permettait trop facilement de cacher les imperfections du dessin en détournant le regard vers autre chose. Ceci dit, il n’est pas sûr que j’ai tout à fait raison, il se pourrait que ce soit juste deux façons différentes de faire avec chacunes leurs attraits mais je ne cherche pas trop à analyser, ici le plaisir de dessiner suffit à mon contentement.

Au delà du dessin, c’est aussi une expérience d’immersion dans la nature qui se joue car bien que je ne prête attention qu’à mon sujet, je la sens autour de moi, présente, vibrante, occupée à ses propres affaires. J’imagine que pour un pêcheur au bord de l’eau, la sensation est la même. La grande confrérie des solitaires immobiles ou, si on en croit Rousseau, des promeneurs solitaires qui s’arrêtent pour méditer.

Sauf que je le fais après coup seulement, une fois que le dessin est fini.

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